LE SOUTIEN AERIEN SUR LES CHAMPS D’EOLIENNES EN MER

Pour ceux d’entre vous qui ont déjà effectué un déplacement en bateau vers les îles Bretonnes par mauvais temps, vous connaissez probablement les affres et les vicissitudes des voyages en mer. Que diriez-vous si l’on vous proposait d’effectuer deux trajets quotidiens pendant plusieurs mois dans le cadre de votre activité professionnelle ? C’est pourtant ce qui attend les divers professionnels qui vont intervenir sur le champ d’éolienne en mer de la baie de St Brieuc. Autant vous dire qu’à moins d’être marin de formation ou de naviguer uniquement l’été, vous risquez de rapidement vouloir changer de travail !

Les spécificités du travail en mer

Le récit de la construction en deux temps du phare du grand Léjon au 19ème siècle à quelques nautiques de l’emplacement du futur parc d’éoliennes en mer de la baie de St Brieuc donne un aperçu des difficultés qui attendent les différents professionnels sur place. Le récit de Louis Chauris[1] basé sur les archives d’époque relate les difficultés rencontrées lors du chantier de construction de l’édifice et témoigne d’une « roche presque toujours battue par la houle […] entourée, en outre, par de violents courants ». Le chantier coûta, par ailleurs, la vie à deux ouvriers.

Ce sont en premier lieu les conditions mêmes du travail en mer, profondément impactées par les conditions météorologiques, qui compliquent ce type de travaux ; de fortes houles liées aux spécificités des fonds marins, de puissants courants ou bien encore des vents hurlants sont autant d’éléments à prendre en compte pour l’organisation de ces chantiers particuliers.

Les limites de l’utilisation du bateau

Naviguer sur une mer calme de juillet n’est pas du tout la même chose que naviguer plus d’une heure en mer agitée au mois de novembre. Le mal de mer (mal le plus courant subit lors de traversées en eaux agitées) peut littéralement clouer un individu au sol et lui empêcher toute activité professionnelle pendant plusieurs heures. Les techniciens et opérateurs ne sont pas des marins de métier et sont donc plus facilement sujet aux maux pouvant être provoqués par de mauvaises conditions en mer.

La pénibilité qui en résulte pour les collaborateurs ainsi que les retards et leurs conséquences financières pour les entreprises doivent donc bien être considérées en amont lorsque l’on pense la question du transport pour les chantiers en mer.

Enfin, malgré les évolutions techniques, les bateaux sont toujours limités que ce soit sur la question du rapport temps de trajet / distance parcourue ou bien sur les possibilités de dépôt des équipes lors de fortes houles. 

La sécurité sanitaire

La sécurité sur les chantiers en mer est déterminante et légalement encadrée et contrôlée via le PIM (Plan d’Intervention Maritime) auquel doivent répondre les responsables des chantiers. Ainsi, en cas d’incidents ou d’accidents (blessure, homme à la mer…), le support aérien est alors inévitable afin de garantir la sécurité des personnels opérants.

La question des coûts

Les chantiers en mer constituent de véritables défis pour les opérateurs. Ils nécessitent anticipation, préparation et agilité pour tendre vers une efficience des divers process. Au-delà des éléments abordés précédemment, un autre aspect est à considérer et peut être directement intéressé par le recours au support aérien : il s’agit des coûts.

Les projets de ces envergures génèrent des coûts très importants et chaque incident peut rapidement se chiffrer à plusieurs milliers d’euros, surtout lorsque le soutien aérien est absent du dispositif.

Le témoignage d’Etienne Picard, ancien responsable des opérations SAR pour la société NHV sur le champ de Trooper en Angleterre, met en lumière l’intérêt que veut revêtir l’anticipation du support aérien : « A l’époque, le dimensionnement du dispositif de transfert de personnel pour la maintenance n’avait pas été étudié en prenant en compte l’importance de la dimension aérienne. Ce fut problématique lorsque se produisit une panne sur un relais d’alternateur et qu’il fallut plus de 6 heures et l’intervention de deux bateaux différents pour résoudre le problème. Force est de constater que les éléments aériens sont souvent sous anticipés et que cette situation engendre des pertes de temps et, de fait, une augmentation des coûts d’exploitation ».

Le bon moyen au bon moment

Il s’agit donc pour les opérateurs de ces chantiers de bien penser en amont ces diverses questions : sécurité, coûts, pénibilité du travail, logistique… afin de préparer au mieux les différentes phases (construction, maintenance et démantèlement).

brittany AVIATION a développé en ce sens une expertise sur les questions d’organisation des moyens pour optimiser le fonctionnement et les interventions des différents professionnels sur le champ. Cette organisation, pilotée par un organe central, permet d’adresser par l’anticipation, la préparation, la collecte d’information, le retour d’expérience, la gestion des personnels et du matériel le bon moyen au bon moment. Ainsi, les différentes phases du chantier se déroulent sereinement, avec une parfaite maîtrise des sujets, des coûts et des moyens.

[1] Louis Chauris, « Le phare du Grand Léjon en baie de Saint-Brieuc : une construction en deux étapes (1859-1862/1879-1881) ».

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